Ouverture du livre
Contexte du livre
Sept ans de podcast, 370 épisodes, et une saison qui se coupe en deux.
IFTTD — If This Then Dev — a sept ans. Environ 370 épisodes au compteur, et un principe qui n'a pas bougé depuis le premier : faire parler longuement celles et ceux qui font la tech, sans filtre marketing, devant une audience de développeurs, de tech leads et de CTO qui n'a pas besoin qu'on lui explique ce qu'est une pull request. Le podcast se décline en formats nommés comme des extensions de fichiers — .src, .exe, .diff, .bin, .ad — dont le .src, l'entretien long, constitue le cœur du show et fournit l'essentiel de la matière de ce bilan : trente-neuf épisodes .src et un .ad sur la saison étudiée.
Pourquoi un bilan, et pourquoi celui-là ? Parce que cette saison 2025-2026 n'est pas une saison comme les autres : c'est une saison coupée en deux. Le corpus lui-même porte la cicatrice. Les épisodes de l'automne 2025 parlent d'usine logicielle, de monolithes, de fondamentaux et de copilotes qu'on évalue encore avec prudence ; ceux du printemps 2026 parlent d'agents qui travaillent seuls pendant des heures, de non-développeurs qui livrent en production et d'ingénieurs déployés chez les clients pour industrialiser tout ça. Entre les deux, fin 2025, une bascule que plusieurs invités ont datée indépendamment les uns des autres, au même endroit du calendrier. Quand un corpus d'interviews enregistrées au fil de l'eau, sans intention éditoriale commune, se scinde tout seul en un avant et un après, ce n'est plus une intuition d'animateur : c'est un fait documentaire. Il méritait un livre.
La méthode, maintenant, parce qu'un bilan ne vaut que par ce qu'on peut en vérifier. Ce livre repose sur 40 épisodes, du #327 au #373. Chaque transcript a été lu en intégralité — pas survolé, pas résumé à partir des notes d'épisode — et a donné lieu à une fiche d'analyse : thèses de l'invité, citations exactes, faits et chiffres, positions exprimées par Bruno en plateau. Les citations reprises dans ces pages sont verbatim, copiées des transcripts et sourcées au format « — Prénom Nom, #num » ; quand une formulation n'a pas pu être vérifiée mot pour mot, elle est paraphrasée, jamais mise entre guillemets. Les transcriptions étant automatiques, quelques noms propres y sont parfois écorchés : les fiches le signalent, et nous avons corrigé les identités sans retoucher les phrases. De cette matière ont émergé six apprentissages, qui servent de grille de lecture au livre : le déplacement de la valeur du développeur du copilote vers l'agent ; le human in the loop et la boucle de contrôle qui craque ; la question de la génération sacrifiée ; le facteur humain qui bat la méthode ; l'année de la souveraineté ; et, pendant ce temps, les fondamentaux qui tiennent. Six chapitres, chacun bâti sur le même format : la synthèse de ce qui s'est dit, les citations fortes, les éléments à savoir, et un avis de Bruno assumé comme tel.
Le périmètre, enfin, avec ses limites assumées. La série d'été Intelligence(s) (#365 à #370) est volontairement hors corpus : elle relève d'un autre projet, et on n'en dira ici que ce qu'en disait son teaser. L'épisode Strapi de Pierre Burgy, enregistré en toute fin de saison, porte le numéro #364 après une renumérotation de juin 2026 (Kestra passant de #364 à #363) ; il a été analysé et intégré comme les autres. Quant aux événements extérieurs au podcast — sorties de modèles, pannes, annonces, secousses géopolitiques —, ils proviennent d'une passe de recherche documentée et sourcée, distincte du corpus ; lorsque les invités les ont vécus en direct, le livre croise les deux. C'est tout l'intérêt d'un podcast enregistré semaine après semaine : il n'a pas la mémoire qui arrange, il a la mémoire qui date.
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